30.11.2008
Changement de tête
J'ai une folle envie de changement en ce moment et cela fait déjà quelques temps que je pense à modifier à coupe de cheveux.
Pendant un temps je me rasais un peu la nuque mais là j'ai eu envie d'aller plus loin, beaucoup plus loin ! Donc aujourd'hui je suis passée de ça :
19:07 Publié dans EgO | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : coiffure, underground, raser, tondre, cheveux, art corporel, piercing
27.11.2008
Elle
La jeune femme assise devant son ordinateur se demandait comment écrire les Maux (elle utilise Maux pour Mots…), comment retranscrire l’intensité de sa Souffrance (elle utilise Souffrance pour Plaisir …).
Ce Plaisir, cette Danse…
Elle se répétait comme un mantra lorsqu’Ils l’a frappaient pour leurs Plaisir « Don’t Lost Control ! Don’t Lost Control… ». Tout ça pour qu’Ils ne voient pas ce qu’elle cachait tout au fond d’elle-même. Souvent elle se demandait si elle-même savait ce qui s’y trouvait ou si elle y dissimulait véritablement quelque chose comme semblaient le croire les Chercheurs d’Or qui l’entouraient (Elle aime utiliser Chercheur d’Or pour parler de ceux qui n’en restent pas à son joli sourire et à ses trois fossettes).
Elle passait beaucoup de temps devant son Miroir afin d’examiner son Visage, ses traits harmonieux quoiqu’un peu épais comme mal dégrossis… Ses yeux trop ronds et trop gris, son nez trop large, sa bouche trop petite… Elle se demandait à quel moment le Dernier Chercheur d’Or, un Marteau, se rendrait il compte qu’il n’y avait que du vide en elle. Du vide enrubanné avec beaucoup de Douleur. Un drôle de paquet cadeau se disait elle…
Elle se souvint d’un Chercheur enfin d’un Charlatan plutôt (un qui se disait Chercheur d’Or alors qu’il n’était qu’un Retourneur-De-Couteau-Dans-La-Plaie) qui lui avait dit qu’il la trouvait habitée dans sa carapace charnelle, qu’elle n’était pas vide. La petite maligne avait trouvé intelligent de lui rétorquer qu’en effet elle n’était pas vide mais emplie par ses entrailles.
Comme elle aurait du s’en douter elle a fini par se retrouver attachée, les entrailles dévidées pendant que ce Charlatan farfouillait dans son abdomen sans délicatesse.
Elle n’avait guère apprécié d’ailleurs et ce fut leur dernière rencontre.
D’un autre côté elle l’avait bien cherché. A force de se balader avec sa Souffrance en bandoulière on fini par se faire remarquer. Elle aurait pu mettre un panneau en néons clignotants cela serait revenu au même.
Les Chercheurs d’Or se demandaient bien ce qu’elle pouvait vouloir expier ainsi.
Elle avait toujours trouvé amusant de voir qu’Ils voulaient lui faire du bien, tellement de bien…Ils voulaient la rendre heureuse, que ses yeux sourient en même temps que sa bouche.
Elle s’était toujours demandé si leur méthode était vraiment la meilleure. Expier la Souffrance par la Douleur…
Il semblerait que cela ne fonctionnait pas si bien… Si cela avait été le cas elle n’en aurait pas été encore là. A mendier le moindre coup, l’insulte, la gifle, la blessure.
Elle ne se sentait vivante que lorsqu’Ils frappaient, lorsque sa Chair vibrait de Souffrance consentie, désirée, acceptée, réclamée à corps et à cris.
Elle n’en avait jamais assez.
Evidemment au bout d’un moment son corps lui faisait défaut, ses jambes ne tenaient plus sous elle, ses tremblements la faisait tressaillir mais elle aurait voulu tellement plus !
Si seulement Ils avaient pu mettre chacun de ses nerfs à nu, démantibuler ses os à un à un elle aurait sans doute été heureuse mais elle faiblissait toujours avant.
Elle aurait bien voulu comprendre ce qu’Eux voulaient expier. De quoi Ils voulaient la punir.
Elle avait la sensation d’être l’exutoire de leurs désirs inassouvis, de leurs frustrations, de leurs rêves irréalisés.
Frappe plus fort petit…
Elle avait l’habitude de dire qu’elle ne se donnait pas facilement. Elle mentait. Elle ne se donnait pas du tout mais elle était assez habile pour leur faire croire le contraire.
En réalité elle prenait.
Elle prenait le Plaisir, la Souffrance, la Peur, la Rage, l’Amour, la Hargne et toutes ces émotions qu’Ils vomissaient sur elle.
Elle ne donnait rien en retour. Ni larme, ni cri, ni supplication. A peine un gémissement lorsque la violence du coup la surprenait.
Et après, malgré son dos en lambeaux, ses reins bleuis, elle relevait la tête fièrement, comme on le lui avait appris et elle le regardait droit dans les yeux, un soupçon de mépris dans les yeux et un sourire moqueur aux lèvres.
Lui non plus il ne l’avait pas fait plié.
En sortant de chez Eux elle levait les yeux au ciel et priait pour qu’arrive Celui qui la ferait plier, Celui qui lui ferait baisser les yeux et pour qui elle ramperait. C’était cela qu’elle attendait par-dessus tout.
En attendant elle accumulait les aventures d’un soir, les Charlatans, les Chercheurs d’Or…Tous ceux qui pouvaient lui apporter un petit quelque chose qui lui permettrait de tenir encore un peu. Une journée où elle réussirait à marcher la tête droite, une nuit où elle dormirait.
M.
Novembre 2008
19:51 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.11.2008
Le Masque

Dédicacé à l'Homme aux Cheveux Verts de Gris : il comprendra.
Le masque
Pauvre petite fille qui porte le masque qu’on lui a imposé. « Il cachera ses larmes et préservera son innocence » ont-ils dit ; elle a sagement obéi et elle l’a mis. Elle a caché ses yeux rouges et ses lèvres abîmées derrière ce mur de papier.
Le matin elle a appris à le mettre dès le lever du lit pour que personne ne sache ce qu’elle cachait, mais le soir… Lorsque toutes les lumières de la maisonnée étaient enfin éteintes, lorsque le Silence régnait en maître, lentement ses mains se dirigeaient vers le derrière de sa tête, effleuraient ses cheveux soyeux, saisissaient les deux terminaisons du ruban pourpre et les tiraient précautionneusement. Alors le masque chutait de son visage dans un son râpeux pour atterrir dans ses mains réunies.
Elle prenait une longue bouffée de l’air vicié qui emplissait sa chambre, ses doigts effleuraient sa peau parcheminée et les paupières gonflées préservant deux yeux immensément vides. L’enfant touchait ses joues livides pour ensuite caresser sa bouche meurtrie comme un sexe de femme.
Elle exécutait le même rituel tous les soirs lorsqu’elle savait que personne ne pourrait la voir, quand enfin elle pouvait se montrer telle qu’elle était réellement.
Puis ses larmes se mettaient à couler, silencieusement d’abord, épousant les contours de son visage osseux, se perdant entre ses lèvres assoiffées de ce sel.
Peu à peu des sanglots de plus en plus violents secouaient ce petit corps fragile et enfantin, arrachant une plainte ancestrale à cette poitrine creuse.
C’était recroquevillée sur elle-même, des mèches de cheveux cachant sa figure qu’elle cherchait à tâtons la lame de rasoir qu’elle avait soigneusement enfoui sous son matelas.
En tremblant elle déroulait son trésor emballé dans un morceau de drap qu’elle avait arraché quelques siècles auparavant.
La toile grisâtre laissait toujours apparaître une lame de cinq centimètres de long tachetée de sang et rouillée à certains endroits mais plus aiguisée que jamais par la Souffrance de l'enfant.
La fillette s’en saisissait enfin et dessinait amoureusement les contours de son visage avec le tranchant de l’instrument. Elle se plaisait à découper un agréable quadrillage sur ses lèvres pour lécher fiévreusement le sang qui suintait de ses plaies à présent rouvertes.
La lame se dirigeait vers son front pour approfondir la croix qui y était scarifiée. Un trait vertical puis un second horizontal et elle était enfin la martyre qu’elle souhaitait être.
Dans les jours qui suivirent un événement inattendu fit son apparition. Chaque soir elle était un peu plus pressée que la veille d’effectuer ce rituel devenu familier et c’est ainsi qu’une nuit elle jaugea mal l’heure et l’un d’eux l’entendit. Etonné et presque effrayé il s’approcha de la porte au-dessous de laquelle filtrait une lumière tremblotante, posa la main sur la poignée glacée et projeta la porte contre le mur d’un coup sec. Ce qu’il vit lui arracha un hurlement de terreur viscéral : SON VRAI VISAGE ! ! ! IL AVAIT VU SON VRAI VISAGE ! ! ! !
Ce cri attira son compagnon qui tout aussi traumatisé que lui à la vue de ce spectacle immonde eut la présence d’esprit de se précipiter immédiatement dans le réduit où il entreposait son matériel de bricolage. Il revint dans la chambre à l’atmosphère étouffante en tenant à la main une agrafeuse électrique.
Pendant que l’autre arrachait des mains de l’enfant la lame de rasoir et maintenait contre son visage soumis l’armure de papier le second cloua la première agrafe au sommet de son front. Elle ne broncha pas lorsqu’elle sentit la pointe de métal traverser sa chair et perforer l’os de son crâne, pas plus que lorsqu’il s’attaqua à la joue droite, au menton et enfin à la gauche.
Il lui laissèrent les rubans pour qu’elle puisse jouer avec et lui dirent d’une voix assurée en quittant la pièce : « C’est pour ton bien. »
Et elle les cru.
22 Juin 2004
21:28 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : masque, scarification, isolement, automutilation, clous, satin
17.11.2008
Arbeit!
Puisqu'en ce moment je suis dans un trip culture musicale j'ai décidé de vous parler d'un groupe que j'ai découvert il y a peu de temps : Arbeit!
C'est un groupe de neo folk et d'indus crée en 2006 par un talentueux jeune homme.
Le morceau suivant est, me semble t-il, le meilleur de cet album éponyme. Il flirte avec la tristesse et la mélancolie avec beaucoup de grâce et d'une manière très mélodique.
N'étant pas très douée pour faire l'élégie d'une musique aussi belle soit elle je vous laisse écouter et regarder ce morceau qui parle de lui-même.
21:15 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arbeit, musique, clip, guerre, neo folk, indus
15.11.2008
A une Madone

A une Madone,
Ex-voto dans le goût espagnol
Je veux bâtir pour toi, Madone, ma maîtresse,
Un autel souterrain au fond de ma détresse,
Et creuser dans le coin le plus noir de mon coeur,
Loin du désir mondain et du regard moqueur,
Une niche, d'azur et d'or tout émaillée,
Où tu te dresseras, Statue émerveillée.
Avec mes Vers polis, treillis d'un pur métal
Savamment constellé de rimes de cristal,
Je ferai pour ta tête une énorme Couronne ;
Et dans ma jalousie, ô mortelle Madone,
Je saurai te tailler un Manteau, de façon
Barbare, roide et lourd, et doublé de soupçon,
Qui, comme une guérite, enfermera tes charmes ;
Non de Perles brodé, mais de toutes mes Larmes !
Ta Robe, ce sera mon Désir, frémissant,
Onduleux, mon Désir qui monte et qui descend,
Aux pointes se balance, aux vallons se repose,
Et revêt d'un baiser tout ton corps blanc et rose.
Je te ferai de mon Respect de beaux Souliers
De satin, par tes pieds divins humiliés,
Qui, les emprisonnant dans une molle étreinte,
Comme un moule fidèle en garderont l'empreinte.
Si je ne puis, malgré tout mon art diligent,
Pour Marchepied tailler une Lune d'argent,
Je mettrai le Serpent qui me mord les entrailles
Sous tes talons, afin que tu foules et railles,
Reine victorieuse et féconde en rachats,
Ce monstre tout gonflé de haine et de crachats.
Tu verras mes Pensers, rangés comme les Cierges
Devant l'autel fleuri de la Reine des Vierges,
Étoilant de reflets le plafond peint en bleu,
Te regarder toujours avec des yeux de feu ;
Et comme tout en moi te chérit et t'admire,
Tout se fera Benjoin, Encens, Oliban, Myrrhe,
Et sans cesse vers toi, sommet blanc et neigeux,
En Vapeurs montera mon Esprit orageux.
Enfin, pour compléter ton rôle de Marie,
Et pour mêler l'amour avec la barbarie,
Volupté noire ! des sept Péchés capitaux,
Bourreau plein de remords, je ferai sept Couteaux
Bien affilés, et, comme un jongleur insensible,
Prenant le plus profond de ton amour pour cible,
Je les planterai tous dans ton Coeur pantelant,
Dans ton Coeur sanglotant, dans ton Coeur ruisselant !
Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal
10:56 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : baudelaire, madone, fleurs du mal






