31.01.2009

Amer et Vainqueur

Amer et Vainqueur

 

 

 

C’est drôle la vie. On rencontre quelqu’un, on s’en fait un ami, on lui confie ses pensées, ses peurs, ses doutes, ses bonheurs. On lui accorde sa confiance, il nous accorde la sienne. On a besoin de Lui, Il nous aide, on se sent redevable, on ne sait pas comment le remercier alors on se donne.

 

On se dit qu’on lui doit bien ça. Quand on n’a rien à offrir on offre ce que l’on a. après avoir commis l’irréparable on regrette. On regrette mais on se donne à nouveau.

On se dit que de toute façon cela n’aura pas de conséquence, que c’était juste comme ça.

 

Puis le temps passe, une certaine froideur s’installe et on regrette à nouveau. Les regrets se transforment en remords quand on comprend le mal que l’on a fait. Pas uniquement à Soi mais aussi à Lui et à Elle, seulement il est impossible de revenir en arrière. Ce qui est fait est fait.

 

Finalement il décide de reprendre ce qu’il nous a accordé. L’amitié est donc brisée.

Il se retire amer et vainqueur et ne nous reste que son souvenir et nos remords.

 

 

M.

19.01.2009

Freak

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« Quand les gens vous prennent pour un monstre, il n'y a qu'une chose à faire : dépasser leurs attentes. »

 

Joel-Peter Witkin

17.01.2009

Le miroir

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Je passe beaucoup de temps à me regarder dans les miroirs, par narcissisme évidemment mais pas uniquement.

J’ai toujours l’espoir que j’aurais une révélation, une réponse à cette question, à cette maudite question qui me taraude jour et nuit actuellement : « Qui suis-je ? ».

J’ai 22 ans, je suis en couple avec un homme que j’aime et qui me le rend au centuple, j’ai un travail que j’ai voulu, que j’ai espéré, une famille et des amis présents.

Je suis entourée, je n’ai pas de raison de me plaindre mais pourtant je suis hantée par la vacuité de mon existence.

 

Je suis vide.

 

Je ne vibre plus. Je suis vide. Il n’y a plus que la drogue, l’alcool ou la musique qui me fassent chavirer. Même l’amour m’indiffère.

Où sont toutes ces émotions violentes, ces désirs incessants et mille fois renouvelés qui faisaient mon existence ?

Où sont mes passions, mes arts, mes découvertes qui me faisaient rêver ?

Où sont les livres, les films, les musiques, les personnes, les mots, les sensations qui me faisaient frémir ?

Où est le désir ? Où est l’envie ? Où suis-je passée ?

J’ai la sensation de m’être perdue, d’avoir disparue alors que je désire tellement me trouver.

Mais ne dit on pas qu’il faut s’égarer pour se trouver ?

Irais je jamais assez loin dans la perte de moi-même pour enfin comprendre qui je suis ?

Pourquoi ais je si peur de la stabilité ? Pourquoi suis-je si affamée de drames ?

 

Pourquoi me lisez vous en silence ? Pourquoi avez-vous faim de mes douleurs, de mes peurs, de mes questionnements ?

Pourquoi ?

N’êtes vous pas aussi affamés que moi de ces émotions violentes, prenantes, destructrices ?

 

Interrogez vous, vous qui me lisez en silence.

 

M.

16.01.2009

Les écorchés du Dr Von Hagens

 

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Cela fait bien des années que j’ai pu visionner un reportage sur le Dr Von Hagens et ses hôtes. Malheureusement l’exposition ayant décidée de traverser le monde entier mais toujours bien loin de Paris je n’avais jamais eu l’occasion de la voir de mes propres yeux.

Mais voici qu’elle se trouve à Bruxelles actuellement et je pense que le sujet vaut le détour ! Je me suis donc prévue une petite virée en terre flamande le mois prochain afin d’admirer les écorchés du Dr Von Hagens.

 

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas cet homme voici une petite présentation : Ce monsieur est un anatomiste allemand qui a inventé la plastination en 1977.

La plastination est une méthode de conservation des corps, parait il pour l’éternité, grâce au silicone… Elle est surtout inodore, incolore et permet de conserver la plasticité des tissus humains ainsi que d’en faire des choses très intéressantes.

Le Dr Von Hagens a eu l’originalité de ne pas conserver des cadavres dans un intérêt uniquement universitaire mais aussi pour les présenter au grand public à travers son exposition Body Worlds qui a été visitée par des millions de personnes à travers le monde.

Cet anatomiste met en scène des corps humains jouant aux échecs, tirant à l’arc, sur un cheval se cabrant etc. Son but étant de montrer la fragilité de nos corps.

 

Je vous épargnerais des lignes sur la controverse entourant son travail, sur l’aspect éthique de la présentation d’êtres humains décédés. Je dirais seulement que ses détracteurs ont omis la présence des momies dans les musées, les visites des catacombes, les reliques dans les basiliques etc.

Je regrette seulement qu’il n’aille pas plus loin dans l’exploitation de l’aspect artistique des dépouilles. J’imagine ce que Giger pourrait faire et j’en frémis de plaisir.

 

 

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M.

 

11.01.2009

Exercice d'écriture [Suite II]

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XVII - Des plaisirs interdits et d'ailleurs inconnus

• Celui d’être qui je suis jusqu’au bout.
• Agir sans réfléchir, ne pas retourner toujours les même phrases dans ma cervelle jusqu’à ma langue se transforme en plomb et que je ne puisse plus dire un mot.
• Etre à l’aise en société, ne pas vouloir toujours me cacher dans un trou de souris, cesser de me montrer pour que l’on ne me voit pas.
• Une nuit où je rêverais, où je ne cauchemarderais pas.

XVIII - Des petites et grandes culpabilités dont la vie est matelassée

• La culpabilité c’est toute ma vie. Une part essentielle de ma personnalité.

• Coupable d’être partie de chez mes parents il y aura 4 ans cette année au moment où la maladie de ma mère l’a forcée à arrêter de travailler et de vivre normalement.

• Coupable de ne pas être la fille que mon père attend que je sois.

• Coupable d’avoir laissé parler mes instincts plutôt que de me comporter comme la personne civilisée, calme, réfléchie, mature et sérieuse que je devrais être.

• Coupable d’être aussi idiote et de toujours me laisser avoir par les hommes.

Coupable. Coupable. Coupable.

Je pourrais continuer un moment comme ça…

 

XIX - De tous les vieux habits qui m'envahissent, les miens et d'autres, avec les souvenirs qui s'y rattachent

• Plein de vieilles sapes moches dans mes tiroirs, dans ma penderie. Difficile de se détacher de ces vêtements que je ne met plus depuis des années mais qui conservent une valeur affective.

• Ma belle-mère qui m’a offert un gilet à Noël il y a deux ans. Un truc atroce vieux rose, avec des petits trous partout et fermé par un cordon. En noir encore ça aurait pu passer, elle se l’était pris de cette couleur pour elle mais moi j’ai eu droit au rose évidemment.

• Les jolis souvenirs rattachés à ma lingerie et aux occasions spéciales…

 

M.

08.01.2009

Une page blanche

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J’aime commencer à écrire sur une page blanche, non encore souillée. J’ai la sensation depuis que j’écris que mes mots vont salir la blancheur immaculée d’une feuille, qu’ils vont corrompre tout ce qu’elle représente à mes yeux : la pureté, la potentialité mais surtout la possibilité d’y inscrire les marques d’une vie meilleure que celle que je narre ici.

Je voudrais pouvoir dépeindre une autre personne que celle que je suis. Peut-être afin d’éviter de mettre à nu ma véritable personnalité je n’y plonge pas vraiment en profondeur. Peut-être pourrais-je être plus honnête.

S’écrire c’est se mettre en scène et la théâtralité dépeint un univers superficiel où les apparences font lois.

Dans ce cas pourquoi tant d’auteurs recherchent ils leur personnalité profonde à travers l’écriture ? Pourquoi utilisent ils l’intimité d’un journal comme thérapeute ?

Sommes nous véritablement capables d’être entièrement honnêtes, de nous mettre à nu sans craindre le jugement, la censure ?

Nous avons tous des pensées qu’on pourrait dire inavouables, des réflexions si personnelles, si intimes que nous ne les avons jamais confiées à quiconque. Et on se croit capable d’y arriver face à une feuille blanche ?

C’est peut-être la pensée que nous n’avons pas de regard posé immédiatement sur nous, sur notre âme. Mais peut-on oublier la présence au-dessus de notre épaule ? Comme je le disais précédemment, je doute que nous n’écrivions que pour nous-même, il faut donc que l’écrivain soit ou exhibitionniste ou totalement capable d’assumer son intimité face au monde, il faudrait, me semble t il, une grande force de caractère comme l’avait sans doute Rousseau lorsqu’il a publié ses Confessions ou comme tant d’autres auteurs d’autobiographies.

 

Je ne sais pas si je suis particulièrement exhibitionniste mais il est vrai que j’aime me torturer le cerveau, tordre mes entrailles entre mes doigts et montrer leur bel agencement…

C’est un plaisir malsain que d’exhiber ses viscères ainsi sans doute mais c’est aussi un bon exercice que celui de se plier à une écriture quasi quotidienne. Cela force à se renouveler mais cela conditionne également le style choisi, le thème, les mots.

Mais c’est avant tout un travail d’introspection, pour mieux comprendre, pour mieux se comprendre. Après le mettre sur un blog c’est de l’égocentrisme et du narcissisme tout bonnement.

 

 

M.

07.01.2009

Désirs

Un petit poème comme ça juste en passant...

 

 

 

Désirs

 

 

Labourer ta peau de féroces caresses

Mordre ta chair de cruels baisers

A tes lèvres je veux goûter

Dans tes bras soupirer

A en mourir t’aimer

Dans la luxure me vautrer

Et voluptueusement te torturer.

 

 

 

M.

06.01.2009

Sors de ma tête...

lp374iwg.jpg« Sors de ma tête ». Elle gémissait ces mots, recroquevillée sur elle-même, se balançant d’avant en arrière, agrippant spasmodiquement ses cheveux.

Elle finirait folle, hagarde, démente. Et tout ça à cause d'un homme. A cause de quelques nuits, à cause de quelques étreintes, de quelques mots soupirés, gémis dans un crissement de draps.

Elle se souvenait avec précision de l’instant où elle était tombée amoureuse de lui : il voulait à tout prix savoir ce qu’elle pensait de lui, de quelle manière elle le percevait. Alors pour lui elle avait ouvert les vannes, elle avait laissé l’empathie l’envahir et elle lui avait parlé de lui, de sa souffrance, de son masque, de son rire qui sonnait faux.

A présent elle se maudissait d’avoir eu cette conversation avec lui, jamais elle n’aurai du abattre ce bouclier qui la protégeait de sa douleur, mais elle aimait tellement ça, elle avait besoin de sa souffrance.

A cheval sur lui, une main saisissant ses cheveux, maintenant sa tête en arrière, ses doigts tirant l’anneau à son téton, elle plongeait ses yeux dans les siens.

Elle s’emplissait de sa douleur, elle se nourrissait de ses gémissements, chacun de ses halètements faisaient partie d’elle.

Et son odeur qui lui faisait tourner la tête, qui emplissait chacune de ses cellules et imprégnait encore longtemps après ses mains, sa chevelure, ses vêtements, sa peau.

Son odeur la rendait folle.

Elle aurait voulu poser son visage dans son cou, le nez collé à sa nuque, à la racine de ses cheveux et respirer des heures ainsi.

Il sentait le linge qui a séché au soleil, l’aurore en été, la fraîcheur des jeunes amants.

 

Et il gémissait quand elle le chevauchait.

Petite pute.

Il se donnait et elle prenait sans limite, sans peur, sa pudeur.

Elle en avait besoin.

Elle se sentait tellement vivante lorsqu’elle agrippait ses cheveux et crachait dans sa bouche.

Elle existait. Elle était présente. Elle habitait enfin chaque parcelle de son corps.

 

Il disait qu’elle était un vampire émotionnel, qu’elle se nourrissait de ses émotions comme elle l’aurait fait d’aliments. Elle le reconnaissait et l’acceptait.

Ce qu’il ne savait pas c’est que, quand elle disait qu’il lui appartenait, quand elle faisait sien son corps, son esprit et son âme, elle lui appartenait tout autant.

Elle sentait chaque recoin de son corps empli par lui et par la tempête des émotions qu’il déclenchait en elle.

 

A présent que c’était fini, à présent qu’il avait fait son choix et qu’il ne s’était pas porté sur elle (l’imbécile) elle désespérait et déclinait.

Elle hurlait sa douleur dans l’immensité du silence.

Le manque était atroce et la rongeait comme un cancer. Elle ne pouvait pas vivre sans lui, se passer de lui, de sa force, de sa fragilité, de sa voracité.

Sans lui elle se sentait vide, elle tournait en rond sans but, le monde était vide de sens. Elle le voyait autour d’elle, elle entendait sa voix, son rire, elle sentait son odeur partout.

Elle entendait sa voix dans sa tête, elle pensait à lui en permanence, jamais il ne quittait ses pensées.

Il était une partie d’elle, un membre qu’on lui avait amputé.

 

 

M.

05.01.2009

Le Vampire

Le Vampire

 

Toi qui, comme un coup de couteau,
Dans mon cœur plaintif est entrée ;
Toi qui, forte comme un troupeau
De démons, vins, folle et parée,

De mon esprit humilié
Faire ton lit et ton domaine ;
– Infâme à qui je suis lié
Comme le forçat à la chaîne,

Comme au jeu le
joueur têtu,
Comme à la bouteille l'ivrogne,
Comme aux vermines la charogne
– Maudite, maudite sois-tu !

J'ai prié le glaive rapide
De conquérir ma liberté,
Et j'ai dit au poison perfide
De secourir ma lâcheté.

Hélas ! le poison et le glaive
M'ont pris en dédain et m'ont dit :
"Tu n'es pas digne qu'on t'enlève
A ton esclavage maudit,

Imbécile ! – de son
empire
Si nos efforts te délivraient,
Tes baisers ressusciteraient
Le cadavre de ton vampire !"

 

Charles Baudelaire

Spleen et Idéal, XXXI

04.01.2009

Confusion

Voici un poème dont l'auteur est un de mes amis et que je vous fais partager :

 

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Confusion

Où suis-je ?

Quel est donc ce vertige qui abuse mes sens ?

Sur le lit ton corps pâle et nu cambré avec outrance,

Dessine sur le mur blanc des arabesques létales.

Ton cœur crie et palpite sous l’arc des côtes saillantes,

Inonde de garance ta gorge virginale.

Comme un disque solaire ton cou expulse le fluide vital ;

 

Que tient ma main sanglante ivre de vengeance ?

Comme un lugubre fanal ta tête se balance,

Oscille dans les airs, la prunelle glaciale.

Toi la fille de Lilith, toi l’infidèle amante,

Ta chair tendre est coupable de cette issue fatale ;

Invitation lascive, ma peine est capitale.

 

Seigneur !

Quel est ce sortilège qui transgresse ma conscience ?

De ce corps anobli par cette terrible absence,

Rayonne une beauté sensuelle et immorale.

Ta maigreur sépulcrale, ta gorge tranchée béante,

Tout en toi me tourmente de pulsions infernales.

 

 

Hurlemort.

 

 

 

 

Hommage au recueil « Les fleurs du mal » de Baudelaire, ainsi qu'à « La femme au collier de velours » d'Alexandre Dumas.

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