26.02.2009

70's

Ça donne des envies de s'affaler sur des gros coussins en fumant de la skunk, vêtue d'un pattes d'eph, d'une blouse à smocks, avec des colliers multicolores autour du cou...

 

 

 

Velvet Underground - Venus in furs

 

M.

18.02.2009

Sweet Dreams

MA-I-420.jpgJ'ai envie de rêver à nouveau.

J'aimerais retourner dans ces lieux imaginaires qui peuplent mes songes.

Ces landes en noir et blanc que j'arpente, les souterrains sombres, humides et effrayants que j'explore mais surtout ces vieilles demeures toutes différentes mais si semblables.

 

 

Je rêve souvent de grands manoirs inhabités, recouverts d'une épaisse couche de poussière dont les couloirs sont sans début ni fin.

La lumière filtrant à peine à travers les vitres de gigantesques fenêtres fermées par d'épais rideaux de velours écarlates.

J'aime me perdre dans ces labyrinthes, découvrir des pièces emplies d'objets inattendus, de meubles recouverts de draps blancs.

J'y croise souvent des personnes inconnues, muettes, immobiles, stoïques, observateurs de mes errances.

Ils m'observent sans un geste, sans un bruit, le regard perçant, rivé sur moi.

Ils semblent savoir pourquoi je suis ici tandis que j'erre toujours à la recherche de quelque chose que je ne trouve jamais.

Je me perds dans ces escaliers sans sens, montant puis descendant, me retrouvant soudainement dans un gigantesque hall alors que je pensais explorer les fondations.

Je me prends pour Thésée perdu dans le labyrinthe à la recherche du Minotaure.

Je croise serpents et araignées, compagnons de voyage de toutes sortes, aussi perdus que moi même semblerait il.

Tout y parait plus réel que lorsque je suis éveillée. Mes pas rapides dans les souterrains humides, mon souffle haletant, la douleur dans ma poitrine, le peur qui me donne envie de hurler, mes poursuivants qui se rapprochent toujours plus, et le carnage final. Car tout se termine toujours dans le sang.

Le mien, le leur.

Comme si vivre n'était pas une assez grande douleur, je souffre toujours dans mes rêves.

Je me sens devenir exsangue, le froid qui emplit mes membres, ma vue qui se brouille, mon souffle qui diminue et mes pensées qui s'éteignent.

Souvent dans mes cauchemars, dans mes rêves, je meurs.

 

M.

10.02.2009

Fall Apart

Parce qu'elle me fait vibrer et que Douglas Pearce est vraiment un excellent parolier.

 


 

And if I wake from Dreams
Shall I fall in Pastures
Will I Wake the Darkness
Shall we Torch the Earth?
And if I wake from Dreams
Shall we find the Emptiness
And break the Silence
That will stop our Hearts?
And if I wake from Dreams
Shall we cry Together
For their Howling echoes
And restart the Night?

And why did you say
That things shall fall
And fall and fall and fall
And fall apart?
And why did you say
That things shall fall
And fall and fall and fall
And fall apart?

And shall I wake from Dreams
For the Glory of Nothing
For the cracking of the Sun
For the crawling down of Lies?
And if We fall from Dreams
Shall we push them into Darkness
And stare into the Howling
And clamber into Night?

And if I fall from Dreams
All my Prayers are Silenced
To Love is to lose
And to lose is to Die...

And why did you say
That things shall fall
And fall and fall and fall
And fall apart?
And why did you say
That we shall fall
And fall and fall and fall
And fall apart?
And why did you say
That things shall fall
And fall and fall and fall
And fall apart?
And why did you say
That we shall fall
And fall and fall and fall
And fall apart?
And why did you say
That things shall fall?

07.02.2009

Comme une fuite en avant

J'aime prendre le train, j'aime la sensation de fuite en avant que cela me procure.

J'aime cette impression de rouler pour rouler, non pas pour se rendre d'un point A à un point B.

J'aime regarder le paysage qui s'illumine progressivement lorsque je pars travailler et que l'aube se lève. Aurore aux doigts roses disait Homère.

C'est dans le RER que j'écris la majeure partie des textes postés ici, cette manière d'être spectateur du monde m'incite à la rêverie, à la réflexion.

J'aime à imaginer qu'en réalité c'est le reste du monde qui s'enfuit, qui part en arrière, que je reste immuable. Comme lorsqu'on reste immobile au bord de l'océan, les pieds disparaissant dans le sable mouillé et que le ressac semble nous emporter avec lui dans une valse qui trouble notre équilibre et nous donne la sensation de chuter alors que nous restons immobile.

Un délicieux vertige.

 

M.

 

 

la-mer-monte.jpg



04.02.2009

Mes nuits sont plus belles que vos jours

pyramide_maya.jpg

 

J'ai rêvé de sang cette nuit.

J'ai révé de l'éradication des Mayas par les Espagnols, que ce peuple était mis à mort selon ses propres méthodes de sacrifice.

 

Et le sang coulait, écarlate, sur la pierre.

Oui le sang coulait, épais, le long de la pyramide à degrés.

Le sang coulait, fumant, dans l'aube grise et froide.

Et les têtes roulaient du billot.

Et les coeurs palpitaient hors de la poitrine.

Et le sang gouttait des avants bras des hommes.

 

Oui j'ai vu le sang écarlate, épais et fumant couler le long des marches de pierre grise et cette vision a empli mon coeur de beauté.

 

 

M.

03.02.2009

Je n'existe pas

bomb1.jpg

 

Je vois le monde d'un oeil détaché, tout me parait si discordant, les notes du vieil accordéoniste qui joue toujours les mêmes morceaux, le rire des deux femmes à côté de moi, les gens qui se pressent pour entrer dans le wagon, ceux qui veulent en sortir.

Et moi je ne suis pas vraiment là.

La puanteur du métro ne m'assaille pas, le regard accusateur des voyageurs me laisse de marbre, la vibration de mes pas vers mon prochain changement ne résonne pas à mes tympans, la lassitude dans mes jambes ne me ralentit pas.

Je ne suis pas vraiment là.

Seul le rythme martial de la musique compte encore. Je ne vois plus les regards perçants des affiches qui me cernent, même le temps n'existe plus, les minutes s'égrènent sans consistance réelle.


Les bombes explosent dans mes oreilles, je n'existe pas.

Le sol vibre sous mes pieds, je n'existe pas.

Les éclairs blessent mes pupilles, je n'existe pas.

Seule la dureté accompagne mes pas.

 

 

Ecrit sur Le chant du Diable d'Arbeit!

 

 

M.

01.02.2009

Elle - V

Elle n'a vraiment rien dans le ventre cette fille là.

Les larmes au bord des paupières, le coeur contre les lèvres. Faut qu'elle arrête son cinéma tout de même.

Ça lui va bien de faire sa dépressive, il faut toujours qu'elle se donne un genre, qu'elle se fasse remarquer de toute manière.

Franchement sa vie n'a pas de quoi la mettre dans cet état là.

En tout cas il faut lui reconnaître une chose, pleurer derrière son écran d'ordinateur, au travail, sans que personne ne le remarque ce n'est pas donné à tout le monde.

Faut dire aussi que ses collègues n'osent pas trop la regarder. Elle fait peur avec son crâne à moitié rasé, son regard noir et son mépris apparent.

Ah c'est sur elle a tout pour plaire.


Elle aime faire sa fille forte, intouchable, hautaine, un roc inattaquable. Ce n'est pas comme si ça la touchait qu'ils ne l'aiment pas. Et puis ça la rassure de se dire qu'ils ne la connaissent pas, que s'ils savaient qui elle est les choses seraient différentes.

Tu as déjà pensé que ce serait peut être pire s'ils avaient connaissance de ce que tu planques au fond de toi ?

Idiote, faible, immature.

Comment penses tu qu'ils prendraient le fait que tu entretiennes de tels dialogues avec toi même ?

Tu ne serais pas un peu cinglée des fois ? Schyzophrène peut être ?

Je ne sais vraiment pas comment tu arrives à vivre comme ça, avec ce dégoût que tu as de toi-même.

J'aimerais comprendre comment tu arrives encore à te lever le matin, à te regarder dans un miroir, à sortir dans la rue, à donner le change comme ça.


Moi, à ta place...



M.

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