28.03.2009

Souvenirs

Reviennent des souvenirs de la mère quand le papa frappait Claudine. Elle le suppliait d'arrêter, elle en pleurait. Mais laissait faire. Il était une puissance à laquelle on ne doit même pas chercher à déroger, qu'on doit subir telle quelle.

La colère du père était intimement liée à sa présence. On n'avait pas l'un sans l'autre. L'homme sans sa violence.

[...]

Recroquevillée par terre, acculée contre un mur, un corps ridiculement frêle, les deux bras croisés au dessus de sa tête. Il est un ciel à lui tout seul, déchainé en orage, et la voix tonne et gronde, c'est un Dieu mécontent. C'est pas les coups qui font le plus mal, c'est bien le châtiment, de déplaire à ce point. C'est cette rage noire d'adulte, nulle part en soi où s'en défendre.

La mère, pendant ce temps, s'enhardissait parfois jusqu'à retenir un bras levé fermé en poing, l'empêcher de cogner trop fort. Et quand le père s'éloignait elle se penchait sur la gamine, "tu vois dans quel état tu le mets ?" car la colère d'homme est légitime, on doit s'arranger pour ne pas la provoquer.

 

Les jolies choses - Virginie Despentes

Commentaires

des mots vrais.

Ecrit par : solune | 30.04.2009

Je pense aussi. :-)

Ecrit par : Milady | 01.05.2009

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